• FAIT DIVERS : LE CARCAN - 1608

    AD55, série B 2380. Année 1608

     

    Le carcan

    Le carcan était un collier de fer attaché à un mur ou à un poteau (le pilori). Il enserrait le cou d’un condamné qui avait aussi les mains et les pieds entravés. Il était ainsi exposé pendant quelques heures aux yeux du public, de préférence sur une surélévation. Outre l’humiliation, cette peine était destinée à dissuader d’éventuels candidats.

    Le carcan est surtout connu aujourd’hui sous la forme de deux planches emprisonnant la tête et les mains. Celui-ci était en principe destiné à « promener » les condamnés à travers les rues.

    La peine du carcan fut supprimée en 1832 en France. 

    FAIT DIVERS : LE CARCAN - 1608

     

    Toussainct mourot et Colin torillon de la Vacheresse

    Ont esté aussy condamnés a estre mis au carcant

    Pendant la tenue du marché de Bormont et

    A cinquante francs damande arbitraire pour le crime

    Par eulx comis a ladite Vacheresse, surquoy

    Vient a deduire trente francs por les frais

    De la proceddure tant por les gens de justice

    De ladite Vacheresse qui les auroient aprehandes et

    Gardes, jusque ad ou ils furent admits a la

    Mothe par prisons (emprisonnés ??) et depuis menés par

    Des sergens audit Bormont et mis au cacan et tout

    Le tems et de lavis par le tesmoinaige du coner  (= conseiller)

    Cy rendu une copie de laquelle son tabelion, icy par acquis.

                                  En marge : XX frs (20 francs qui correspondent aux 50 francs d’amende desquels ont été déduits 30 francs de procédure)

    Quelques précisions :

    - Le mot « crime » est souvent confondu avec celui d’ ‘’assassinat’’.

    Un crime est un acte délictueux grave, au regard de la loi, de la morale, de la religion (cf dictionnaire du moyen français). Il peut éventuellement entraîner la mort de quelqu’un. L’assassinat occasionne volontairement la mort. C’est à la Justice de décider de l’emploi du terme adéquat.

    Les deux compères n’étaient probablement pas des meurtriers.

    - Le montant d’une amende arbitraire dépend de la libre décision du ou des juges.

    On ignore les « crimes » commis par les accusés mais ils ont payé 50 francs d’amende (25 francs chacun) c'est-à-dire plus du double de ce qu’a payé Eudotte Purtin pour sa nourriture et 16 jours de geôle (voir article précédent). A cette somme il a fallu déduire 30 francs pour les frais de procédure et payer les gens de justice de La Vacheressse d’où ils ont été amenés à la Mothe. On ignore le temps qu’ils y ont passé mais ce sont des sergents (= officiers de justice chargés des poursuites judiciaires) qui les ont conduits jusqu’à Bourmont pour y subir leur peine.

    On peut se poser des questions sur l’efficacité d’une telle peine parce que Toussaint Mourot et Collin Torillon, originaire de La Vacheresse, devaient être de parfaits inconnus à Bourmont. Il serait néanmoins intéressant de connaître la manière dont les habitants accueillaient cette pratique : indifférence, insultes, moqueries, projections… ?? Toujours est-il que les intéressés devaient passer une épreuve assez délicate.

    On ignore s’ils ont été relâchés ensuite. Les comptes rendus des registres de la série B n’entrent pas dans les détails. Ils enregistrent succinctement  des faits, tiennent à jour des comptes mais une lecture attentive permet néanmoins de se familiariser avec des mœurs et des coutumes, des manières de penser et d’agir, assez féroces vues depuis notre époque et qu’on espère disparues à jamais.

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  • Commentaires

    1
    Burton
    Mardi 14 Avril à 07:49
    J adore!!!
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