• LA TAILLE A HARREVILLE (ancêtre de notre taxe foncière)

     

    QUEL PLAISIR DE RETROUVER LES DECOUVERTES ET ETUDES DE MARCEL

     

    LA TAILLE A HARREVILLE (ancêtre de notre taxe foncière)

     

    TEXTE 1

     

    LA TAILLE A HARREVILLE (ancêtre de notre taxe foncière)

     

    TEXTE 2

     

     

     

    Années 1517 et 1518 la taille à Harréville.  

     

    Source : archives départementales de la Meuse, B 2341 (1517 – 1518) 90 feuillets.

    Les deux pages photocopiées ci-jointes tiennent sur une page de l’original ce qui explique pourquoi un même texte est présent deux fois.

     

    Texte n° 1.

    De la taille réelle dudit hareville qui vault par

    Chacun an au terme de saint Remy (15 janvier) la somme de vingt six livres t

    Fors gros pour quinze deniers* sur laquelle les prevost

    Et chanoines de la mothe prennent audit

    Terme la somme de quinze livres pour la nouvelle fondation

    Compte icy pour ledit terme mil Vc dix huit (1518) ladite somme.

    En marge : XIX lt XVI s IIII d (19 livres tournois 16 sols 4 deniers)

     

    fors gros pour quinze deniers Le « gros » tournois est une ancienne pièce de monnaie d’argent française créée par saint Louis le 24 juillet 1266. Au sortir des ateliers, le gros d’argent valait 1 sol (ou sou). A l’époque 1 livre tournois = 20 sous (ou 20 gros) = 240 deniers. Soit 1 sou (ou gros) = 12 deniers.

    En 1518 le terme général de « gros » regroupait un ensemble diversifié de pièces d’argent qui présentaient des différences de poids et de valeur.

    L’expression « fors + substantif » signifiait excepté, sauf, si ce n’est, d’où « fors gros pour 15 deniers » est à comprendre qu’on n’acceptait dans le prélèvement de la taille que des pièces d’argent (des gros ou sols) qui équivalaient à 15 deniers le gros.

    La taille était sous l’Ancien Régime un impôt direct très impopulaire. La taille réelle concernait les biens fonciers. Elle était déterminée à partir de la surface et de la valeur des terres.

    Le recouvrement était perçu par des hommes désignés dans la population de la paroisse qui étaient responsables sur leurs biens. Les collecteurs étaient nommés par l’Assemblée des paysans.

     La commune de Harréville devait donc payer la somme de 26 livres tournois au terme de la saint Remi au sénéchal ou au prévôt (responsable d’une circonscription administrative) de la Mothe. De cette somme, le prévôt et les chanoines prélevaient 15 livres  « pour la nouvelle fondation » (sans doute des travaux de terrassement des remparts).

    Il devrait donc rester (26 – 15 = 11) livres or le scribe enregistre en marge 19 livres, 13 sous, 3 deniers que je n’explique pas.

     

    Texte n° 2

    De la taille de la quecte* dudit hareville qui vault

    Par chacun an cent sols fors gros pour quinze deniers

    Au terme de la chandeleur (2 février) qui ne montent ne anallent**

    Compte icy pour ledit terme mil Vc dix sept (1517) ladite somme.

    En marge VI lt XIII s IIII d (6 livres tournois 13 sols 4 deniers)

     

    L’annotation est intéressante car elle donne une idée de l’érosion monétaire. De 20 sous la livre (soient 100 sous pour 5 livres), on passe à 100 sous pour 6 livres 13 sous 4 deniers.

    * la taille de la quecte (= queste) était un impôt levé par le seigneur sur les biens roturiers que s’imposent par une collecte les taillables eux-mêmes (cf Larousse de l’ancien français). Elle est moins importante que la taille réelle précédente et est levée à la chandeleur.

    On peut noter que les tailles sont prélevées en hiver lorsque tout le monde reste chez soi.

    ** ne montent ne anallent : le verbe « analler » n’existe pas dans les dictionnaires. Il s’agit très probablement ou d’une erreur du scribe ou d’une forme régionale du verbe « anullir » = se réduire, être réduit à rien. On indique donc que la taille de la queste ne monte ni ne se réduit, donc qu’elle reste stable. On peut s’interroger sur la nécessité d’une telle précision. Peut-être ( et ce n’est qu’une hypothèse) indique-t-on par là que la population de Harréville reste stable. En effet, la peste sévissait dans la région au point qu’en 1518, le sénéchal n’a pu lever le moindre sou sur les rentes et recouvrements dans la commune de Goncourt décimée par cette maladie. (Parution programmée quand le déchiffrement sera terminé).

    A remarquer cette étrangeté : les deux textes n’apparaissent pas dans leur chronologie dans la mesure où le recouvrement de 1518 précède celui de 1517 et un espace a volontairement été fait entre les deux comme pour laisser de la place pour un texte qui n’a jamais été écrit. Même remarque pour l’espace dans le texte suivant.

    Texte n° 3 :

    Neant compte du four dudit hareville

    Pour ce qu’il est au prévôt et chanoines de la

    Mothe pour leurs nouvelles fondations

    En marge : rachat

    Il n’y avait pas de prélèvement pour le four (banal) qui appartenait au prévôt et aux chanoines de la Mothe.  Peut-être faut-il comprendre que le prévôt et les chanoines se chargeaient de percevoir la banalité ou redevance payée par les habitants pour la cuisson du pain pour participer au paiement des travaux de terrassement de la Mothe.

    A remarquer qu’il existe toujours la rue du four à Harréville.

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  • Commentaires

    1
    François
    Samedi 13 Février à 18:13

    Absolument passionnant : merci à Marcel et à Jean-Jacques

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