• LE PIÈGE

    Le piège

     

    Au départ je voulais titrer ce papier « qu’est-ce que je fais dans cette galère » puis, la pensée évoluant au rythme des rencontres, réunions ou lectures, je pense que « le piège » est plus reflétant l’idée de départ.

    En effet, je suis très attiré par la loi NOTRe du 7 aout 2015 dont le titre pompeux ne dit rien qui vaille  puisqu’il dit : « portant nouvelle organisation territoriale de la République » et je me demande encore comment on peut organiser la République qui est, comme chacun le sait, un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou …….Enfin ce n’est qu’une question de mot, voyons le fond.

    Cette loi a fondamentalement changé nos territoires et même si le débat a été assez vif quant à la création des nouvelles régions, chacun ayant l’impression de perdre son identité, il nous restait encore les départements, si souvent menacés mais toujours présents même si les conseils Généraux sont devenus Départementaux ; on a bien eu des Commissaires de la République à la place des Préfets on s’en est quand même sortis.

    Ce qui m’inquiète le plus c’est notre place, nous les « petits » habitants dans nos chères campagnes, dans nos « petits » villages, avec nos « petits »élus et nos « petits » Maires.
    Petit n’est pas au départ un terme péjoratif mais le devient bien vite quand il est prononcé par les très hauts fonctionnaires décideurs et coaches des élus nationaux.

    Plus personne ne sait ce qu’est le terrain, les difficultés de gérer une commune sans argent, sans moyens et surtout sans perspectives d’avenir.

    Mais j’en connais beaucoup de ces « petits » Maires et je sais que leur combat de chaque jour c’est leur commune et le bien vivre des habitants qui les ont élus, c’est des tas de réunions, de déplacements, de négociations pour gagner une petite remise, d’apprentissage des arcanes de l’administration, et bien d’autres choses encore car il leur faut penser à l’avenir et c’est là que les choses se compliquent car, il sont loin de le voir rose.

    Quelques-uns essaient d’exister encore mais le rouleau compresseur de la réforme a encore frappé, la représentation des communes au sein des intercommunalités a fortement diminué au bénéfice des communes les  plus importantes et compte tenu du nombre croissant composant ces instances, les « petits »Maires ne sont plus rien, ils sont même quasiment dédaignés des dirigeants, ils n’ont plus le droit à la parole, lors des réunions, il faut demander au bon moment au « Maître » qui , selon son humeur, accepte ou renvoie le malotru dans son trou, lequel , et chacun en ferait autant, repart regagner son « petit » village en laissant malheureusement le champ libre à la panacée territoriale : la communauté de communes.

    Alors quelques-uns de ces « petits » Maires se demandent si on ne pourrait faire quelque chose pour éviter que cet inexorable piège se referme sur leur village pour éviter d’être réduits à faire le discours du 14 juillet ou présider le repas des anciens, les compétences des Maires s’étant réduites comme peau de chagrin alors que les administrés, eux, ne connaissent que le Maire pour poser leurs réclamations.

    Vous savez ce qu’ils se disent les « petits » Maires pour éviter la catastrophe : réunissons nous et fusionnons nos communes pour augmenter le nombre d’habitants, fédérer nos moyens techniques, augmenter la dotation de fonctionnement et enfin essayer de vivre.

    Mais c’est sans compter avec la réticence, que dis-je, l’opposition de certains qui se disent cultiver le bon sens paysan et qui s’offrent le luxe de critiquer, refuser tout compromis, invectiver ceux qu’ils considèrent comme opposants, et qui mettent en jeu une sorte de chantage entre l’action et l’abandon du projet.

    Qui a raison, qui a tort ? Personne ne le sait encore mais cela vaut le coup d’essayer de se comprendre, de discuter calmement, d’écouter les arguments et de penser sereinement qu’être élu ce n’est pas toujours penser que son propre avis est le meilleur mais que cela peut être, pourquoi pas,  celui des électeurs .

    Si tout le monde faisait ainsi, qu’est-ce qu’on vivrait mieux et cela rendrait peut-être le sommeil  à nos « petits »Maires.

     

    Courage les gars, le piège n’est pas encore complètement refermé….

    « SERGE FEUTRYADIEU MAURICE »

  • Commentaires

    1
    margoton
    Vendredi 10 Février à 14:53
    Que cet article est bien fait il dit bien ce qu'il veut dire.que serions nous sans ces "petits" maire ils sont là pour faire subsister un village qui hélas ne survivrait pas dans leur maire.
    Que font tous les vices présidents de la communauté de commune qui soit dit en passant ne servent a rien.
    Messieurs les petits maires ont est tous avec vous.
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